Germaine Krull (1897-1985)

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Germaine Krull naît en 1897 de parents allemands, dans une région de Prusse orientale devenue polonaise en 1921 après le traité de Versailles. Elle passe son enfance dans diverses villes d’Europe et à Paris avant que sa famille s’installe à Munich en 1912.
Germaine Krull étudie la photographie à la Lehr und Versuchsanstalt für Fotografie de Munich puis ouvre un atelier où, de son propre aveu, elle fait plus de politique que de photographie. Elle se lie aux mouvements d’avant-garde, aux côtés d’agitateurs révolutionnaires qui, au lendemain de la défaite, occupent le devant de la scène comme Ernst Toller et Kurt Eisner, elle est arrêtée, libérée, et finalement expulsée de Bavière.
À Berlin, elle fait la connaissance d’un jeune cinéaste hollandais, Joris Ivens, qu’elle suit à Amsterdam en 1925. La découverte du port, de son univers dominé par les constructions métalliques, des grues et des machines lui inspirera des photographies d’installations industrielles qui seront réunies par la suite dans son ouvrage Métal.
En France depuis 1926, Germaine Krull expose ses photographies intitulées Fers au Salon d’automne et publie Métal en 1927. Cet ouvrage, résolument moderniste et volontiers provocant, est considéré comme le véritable manifeste de la «modernité qui se situe dans la lignée du livre de Mohogy-Nagy Fotografie Malerei in Film, publié deux ans plus tôt». Il se présente sous la forme d’un recueil de 64 planches accompagné d’un texte de Florent Fels.
Désormais soutenue par des artistes comme Robert et Sonia Delaunay, la carrière de photographe de Germaine Krull est lancée. Elle participe au “Salon de l’escalier" à Paris, "Fotografie der Gegenwart" à Essen, "Film und Foto" à Stuttgart en 1929, "Das Lichtbild" à Munich en 1930, ainsi qu’à l’Exposition internationale de la photographie à Bruxelles en 1932. Ses photographies sont publiées dans tous les magazines, de Vu ou Marianne, à des publications d’avant-garde comme Bifur ou Variétés. Pierre Mac Orlan lui consacre même le premier volume de la collection “Les Photographes nouveaux”, publiée aux éditions Gallimard en 1931.
Pendant la guerre, Germaine Krull part diriger le service photographique de la France libre à Brazzaville avant de suivre le Général de Lattre et la campagne de la 1ere armée française. On la retrouve ensuite à Bangkok, où elle collabore à une agence photographique puis remet en état et dirige le célèbre Hôtel Oriental. En 1967, André Malraux la sollicite pour illustrer un ouvrage sur l’art bouddhique; une exposition de ses photographies de Thaïlande est organisée à la Cinémathèque. Germaine Krull repart vivre en Inde dans une communauté tibétaine. Elle rentre en Europe deux ans avant sa mort à Wetzlar en 1985.

TBC…

Willy Kessels, Germaine Krull, Brussels, ca 1929

chagalov:
Germaine Krull, Bruxelles ca 1929 -by Willy Kessels
via piasa

Germaine Krull, Colette, 1930
(source : amadelio)

Germaine Krull, Étude (Wanda Hubbell), 1931
(source : amadelio)

Germaine Krull, Jo Mihaly, 1925
(source : amadelio)

Jo Mihaly (born Elfriede Alice “Piete” Kuhr) (1902 – 1989) was a German dancer and writer. [+]

Germaine Krull, Kurt Eisner, 1918
(source : amadelio)

Kurt Eisner (14 May 1867 – 21 February 1919) was a Bavarian politician and journalist. He organized the Socialist Revolution that overthrew the Wittelsbach monarchy in Bavaria in November 1918. He is used as an example of charismatic authority by Max Weber.
Eisner was assassinated in Munich when German nationalist Anton Graf von Arco auf Valley shot Eisner in the back on 21 February 1919. Eisner was on his way to present his resignation to the Bavarian parliament. His assassination resulted in the establishment of the brief Bavarian Soviet Republic and parliament and government fleeing Munich.